17.09.2007
Le Parti Radical Démocratique rénove. Rénove. Et rénove.
Léonard Bender est le vice-président du Parti Radical Démocratique (PRD). À part rénover son logo et rénover sa maison, le PRD n’arrive toujours pas à rénover son score dans les sondages : petit aperçu des phrases cultes du vice-président du PRD et de Monsieur Favre, Conseil national radical / VD à la TSR lors des émissions politiques, suites aux baromètres électoraux.19 janvier 2007 : « La chute est à peu près stoppée. » « Quand ils |les sondages] sont mauvais, je suis resté serein... » « Nous avons rénové la maison radicale (il cite les 4 projets pour la Suisse) l’heure est à la diffusion. »
20 avril 2007 : Monsieur Favre « Depuis 2005, nous sommes en position stationnaire. » « Nous préparons la campagne, nous allons sortir avec les idées ces prochains mois, nous arriverons au bon moment avec les bonnes idées. » - Bien tenté, mais... raté !
31 août 2007 : « Quand les sondages ne sont pas bons, c’est les sondeurs qui ont raison ! » « Nous avons rénové la maison radicale, nous avons fait un projet. (il cite les 4 projets pour la Suisse) Tous ces projets-là, il nous convient de les porter aux électeurs. Il nous reste 51 jours pour inverser la tendance. »
12 septembre 2007 : « Nous avons rénové la maison radicale. »
14 septembre 2007 : « C’est l’heure de vérité » « Je crois ce sondage tout à fait crédible » « C’est l’heure de vérité pour notre parti. Nous allons jeter toutes nos forces dans la bataille. »
En gros, le PRD a « rénové la maison radicale ». C’est tout. Depuis le 19 janvier, l’heure est à la diffusion de son projet (les 4 projets pour la Suisse), mais ce n’est que depuis le 14 septembre 2007, que le parti pense qu’il est temps maintenant de se lancer dans la bataille. Un peu tard non ? Quoi d’autre ? Le PRD a « rénové la maison radicale. » Et puis, il a « rénové la maison radicale. » Et encore ? « Il a rénové la maison radicale. » Je crois que les électeurs ont compris que le PRD avait « rénové la maison radicale. » C’est plus ou moins tout ce qu’il a fait depuis 2005. Et de tapiner avec l’UDC. À part cela ? « Ils ont rénové la maison radicale. »
Il me semble, et je l’espère sincèrement, que la maison radicale, si bien rénovée depuis 2005, devrait s’effondrer une bonne fois pour toute lors de ces prochaines élections fédérales. Pourquoi ? Adeptes honteux de la victimisation « personne ne nous écoute dans ce brouhaha politique (en référence à l’UDC) , arrogants et hautains comme il n’est pas permis, les Radicaux sont à l’image de leur dernier congrès : espace vide, mal occupé, meubles et chaises IKEA démontables facilement, occupant beaucoup d’espace pour peu grand chose. Et puis perdus : leurs électeurs trouvent la campagne du PRD relativement mauvaise – normal y’en a-t-il vraiment eu une ? – et personne n’est apte à définir vraiment la position du parti. Certains le définissent au centre, d’autres au centre-droit, et d’autres à droite. L’électeur ne comprend rien. Et les Radicaux persistent et signent. Lundi, nous sommes au centre. Mardi, nous sommes à droite et peut-être que Dimanche, nous serons au centre-droit.
Le PRD est donc un parti qui ne parle qu’à certaines minorités, à ses sympathisants. Son projet pour la Suisse est vague, trouble, peu compréhensible. À coup de slogans mal pensés, trop « j’ai fait des études et pas toi », il communique à mon sens du vide. Et il ne veut pas l’accepter la critique.
Parti de la Suisse moderne, il est guère compréhensible que ce même parti puisse se fourvoyer dans les coins sombres et nauséabonds avec le parti d’extrême droite qu’est l’UDC. Au lieu de condamner encore une fois les affiches honteuses de l’UDC, son président fait une blague complètement déplacée en comparant la Suisse et la Nouvelle-Zélande. À lire son intervention concernant les moutons dans la presse, je crois n’avoir toujours pas saisi ce génie humoristique de moutons = Nouvelle-Zélande. À côté de ça, The Independant faisait un article sur le racisme latent en Suisse. D’où le décalage total entre Pelli et la réalité actuelle du climat politique suisse.
Le PRD ne continue-t-il pas à se dénommer tel un parti moderne et humaniste ? Exit les modérés, exit les centristes, vive les ultra-libéraux de la droite alémanique, vive la vitrine (modérée) politique de l’UDC. À force de coucher partout, le PRD devrait enfin rénover son lit, avant de rénover sa maison. Toujours et encore empêtré dans ses contradictions, ses pertes de valeurs, il risque de continuer à perdre des électeurs au soir du 21 octobre. On comprend que ces derniers s’en aillent, ils attendaient probablement, depuis le 19 janvier, des faits, une campagne, des idées. Apparemment, d’après Monsieur Bender, le projet n’est pas encore réalisé puisqu’il parle du futur : « nous allons jeter toutes nos forces dans la bataille. »
À force de rénover son propre petit nid, le PRD a clairement laissé de côté les électeurs qui sont plus intéressés à voir ce que le parti peut leur apporter au lieu d’apprendre que le parti s’est « rénové » de l’intérieur, pour lui et par lui. C’est un peu tout le programme du PRD. L’égocentrisme pour les classes sociales supérieures. Je vous parie que le PRD risque, à défaut de tapiner avec l’UDC, de se marier avec le Parti Libéral Suisse (PLS) qui lui désire doubler sa représentation au Conseil national. Pauvres libéraux crédités de 1,1% au dernier baromètre électoral. Encore moins bien qu’il y a 4 ans.
En fait, tout va bien. Le PRD rénove sa maison. Le PLS innove dans l’optimisme. Avec ces deux partis aux commandes de la Suisse, nous sommes voués au bonheur et à la joie de savoir qu’en fait, à part eux, rien ne les intéresse.
Et pendant ce temps, au lieu d’avancer des programmes audibles, le PRD se lamente du « brouhaha, du tumulte actuel » entre le PSS et l’UDC. Car certains sont racistes et méprisants. D’autres condamnent ce racisme avec vigueur. Et le PRD plaisante sur la Nouvelle-Zélande. Mais oui. Comme toujours. C’est de la faute des autres.
***
La Suite: 20.09.2007
Aujourd'hui, le télétexte de la TSR diffusait une ITW avec Monsieur Bender. Qu'à-t-il dit? La réponse aussi à la première ligne de son intervention :) Sacré Radicaux! Toujours et encore se répéter. N'ont n'en-t-ils pas marre?!
20.08.2007
La Cinquième Suisse : un alibi électoral
Les élections fédérales arrivent à grands pas, les partis sortent leurs atouts, dégainent les dernières initiatives populaires des tiroirs, bref, ça bouge sans bouger. Cette année, pour vivre la campagne de l’extérieur quatre ans après ma campagne vécue de l’intérieur, je remarque qu’il y a un thème très important : les Suisses de l’Etranger. Quelques médias suisses (Le Temps, Swissinfo) se penchent sur la question : qui sont-ils, que font-ils, vont-ils voter. La Revue Suisse, journal de la Cinquième Suisse nous a relaté les positions des partis, swissinfo.org nous explique ce que les partis vont faire pour la Cinquième Suisse. Bref, nous sommes convoités.La question essentielle qui se pose est de voir comment les Suisses de l’Etranger sont considérés par la Mère Patrie : en gros si les arguments marketing sont de mises (les Suisses de l’Etranger sont de bons ambassadeurs) ils sont, je pense, avant tout intéressés : les voix de la diaspora suisse comptent. C’est qu’avec environ 645'000 Suissesses et Suisses de l’étranger, il y a des voix à gagner. Cependant, il n’y a pas la totalité de ces citoyens qui votent, seuls 110'000 sont inscrits sur les registres pour exercer leur droit de vote. J’en fais partie.
Swissinfo publia un article fort intéressant sur les différences entre différents pays, à savoir comment et qui pouvaient voter et être représentés au Parlement dans d’autres pays. Le cas de la France et de l’Italie étaient avancés. Reste qu’avant de regarder comment les autres font, regardons le cas en Suisse, au niveau des cantons ; il y a des grandes différences.
En effet, si le Canton de Vaud ne permet de participer aux élections qu’au niveau du Conseil national (on peut être élu et élire), le Canton de Berne va nettement plus loin : les élections et votations cantonales sont prises en compte. Un Suisse de l’Etranger a le droit de se prononcer sur les crédits de l’Aéroport de Belp, et ce, même depuis Tauranga en Nouvelle-Zélande ou New Delhi en Inde. Bref, si les citoyens suisses sont égaux en droits et en devoir de manière générale, pourquoi est-il impossible d’avoir une uniformisation des droits et devoirs des Suisses de l’Etranger au niveau fédéral ? Oui, chaque canton est souverain. Cela règle beaucoup de questions. Il n’empêche qu’en étant inscrit dans le registre des électeurs à Vaud, j’ai moins de droits que si je suis inscrit dans le Canton de Berne.
Il y a plus de 530'000 Suisses de l’Etranger qui ne votent pas. Il y a 110'000 Suisses de l’Etranger qui ont demandé de recevoir les papiers de votes. Sur ces 110'000 Suisses de l’Etranger, il y a probablement des citoyens qui ne veulent que voter sur des thèmes de politique fédérale, ou encore d’autres qui ne veulent que s’exprimer lors des élections. Mais dans mon cas, je suis bien floué. Aucune possibilité de voter au niveau du Conseil des Etats, pas de mot à dire sur la politique cantonale dans mon pays, comme dans le pays où je réside. Aucune possibilité d’élire des citoyens qui feront les lois du canton où j’ai mes papiers de vote. Aucune possibilité de moyens d’action concrète pour demander à « mes élus » de se battre aussi pour des droits que je revendique, celui de pouvoir m’exprimer à l’échelle de mon canton de vote. Je suis un demi-citoyen en quelques sortes.
Il est très improbable que des voix des Suisses de l’Etranger ne puissent faire basculer des résultats de votations dans des cantons vu leur poids et leur participation. Pourquoi leur refuser le droit de vote au niveau cantonal ? Et quel est le problème, à savoir nous donner deux sièges au Sénat, comme il en est question en France pour la diaspora française ou de même qu’en Italie ?
On essaie de nous faire miroiter qu’en plus d’être importants, on a des chances d’être élu au Parlement sur des listes électorales : peu connus dans les cantons de vote, nous n’avons aucune chance réelle, ne nous leurrons pas. Nous sommes juste des candidats alibis, telles les listes de jeunes apparentées aux listes - mères.
Les partis politiques se disent mitigés sur le fait que la Cinquième Suisse puisse obtenir 2 sièges au Conseil des Etats et représenter un 27è canton au niveau du Conseil national. La Cinquième Suisse représenterait le troisième canton en terme de voix. Les citoyens « locaux » seraient donc menacés de perdre de l’influence sur ceux qui vivent en Suisse ? Tant pis pour la Cinquième Suisse, de toute façon ils ne payent pas d’impôts en Suisse alors pourquoi les faire participer plus activement ? Là est le vrai problème et la vraie question.
Le point important à soulever dans tout cela c’est que nous ne sommes pas égaux ni en droits ni en devoirs. La Cinquième Suisse n’est qu’un pot de voix, rien d’autre. L’Organisation des Suisses de l’Etranger estime que la première chose à faire est l’introduction du vote électronique. Soit. Avec de l’ambition et un peu de courage, nous devrions demander des droits à pouvoir s’impliquer de façon plus concrète dans la vie en Suisse, de garder ce lien, cette « chose » qui fait qu’on est Suisse aussi à cause des valeurs qui nous attachent à nos institutions. Que ceux qui veulent élire dans les cantons, voter dans les cantons, élire au Conseil des Etats puissent le faire. Ils ne sont peut-être qu’une minorité, il n’empêche que jamais, ceux qui demandent à accéder à la Démocratie, ne devraient en être privés.
03:34 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : suisse, élection, alibi, votations
16.07.2007
Une Suisse verte
On le sait, le climat change et le futur de la planète n’est pas très vert, contrairement aux projections des résultats des élections fédérales de 2007, ce 21 octobre prochain.Depuis quelques années, les Verts sont de plus en plus courtisés et de plus en plus plébiscités. C’est en 1979 que la Suisse a vu son premier élu vert et c’est en Suisse que le premier écologiste fut élu dans un Parlement au niveau mondial. C’était Daniel Brélaz, Maire de la Ville de Lausanne et qui tient sa ville d’une main verte comme l’aurait fait Thatcher et son gant de velours.
Mais qu’arrive-t-il à la politique suisse qui s’affole et fait grimper les pousses vertes au plus haut dans les sondages ? Dans presque tous les cantons, les Verts ont progressé lors des dernières élections cantonales. Passant de 133 sièges à 200 au total, les différentes tendances vertes, qu’elles soit alternatives, libérales ou traditionnelles, ont fait exploser leurs scores. Depuis quelque temps également, les Verts ont démontré une capacité certaine à gouverner : Genève, Berne, Bâle, Zurich, Neuchâtel...
Et les sondages n’en démordent pas. Plafonnant à 7,45% aux dernières élections fédérales de 2003, les intentions de vote pour les Verts étaient à 9% en octobre 2006, 9,2% en janvier 2007 et sont désormais à 10,7% en avril 2007 et à 10,9% en juin 2007. En 1979, les Verts obtenaient leur député avec 0,6% des votes.
Si les prévisions se confirment, les Verts seraient les grands gagnants des prochaines élections fédérales. Le scrutin test de Zurich en avril l’a démontré : les Verts traditionnels et les Verts Libéraux Zurichois (GLP) sont passé de 8% à environ 16% en 4 ans.
Alors quelles leçons faut-il en tirer ? L’écologie deviendrait-elle enfin un sujet et un thème électoral important aux yeux des citoyens ? Des signes pointent non pas forcément au niveau politique, mais dans la vie de tous les jours : demande d’une alimentation saine sans OGM, accent sur les énergies renouvelables, abandon progressif du nucléaire. Même les stars s’y sont mis pendant le LiveEarth, méga concert ultra médiatisé afin de sensibiliser la population lambda à la préservation de la planète et de son système.
Si différentes vagues vertes successives risquent de débouler, ce n’est pas du même vert dont il faut parler. Et à nouveau, les partis de droite, négligeant ces thèmes, se voient obligés de copier l’original. L’Union Libérale-Radicale (ULR) et le PDC avaient couru derrière la vague verte UDC, ils vont courir devant le tsunami vert écolo.
Après avoir simplement viré ses membres de sa composante écolo, le parti libéral vaudois a fait le pari le plus stupide qu’il soit : supprimer des représentants d’une demande émergente, réelle et légitime. Les membres d’Ecologie Libérale ont simplement été rayés des listes du parti pour avoir osé présenter une liste aux élections d’octobre et iront seul au combat. Moins stupides, d’autres sections, notamment à Neuchâtel, ont vu là un apport éventuel de voix et s’y sont ralliées grâce à un sous-apparentement des listes.Le parti libéral (PLS), après avoir rejeté ses membres, a fait son coming-out écolo : le PLS, afin de faire passer le suppositoire transgénique a tout de même planché sur une version light écolo, son fameux « pacte libéral pour l’environnement ». Il écrit ainsi:« Loin des dogmatismes, le parti libéral garde résolument les pieds sur terre et prône, dans tous les domaines, des politiques et des solutions conciliant économie et environnement au service du progrès social ainsi que du maintien et de l'amélioration de la qualité de vie de tous » et demande de « lutter résolument contre tout moratoire dans les décisions à prendre pour garantir l'approvisionnement en énergie. ». Sous-entendu la construction immédiate de nouvelles centrales nucléaires, comme l’affirme son programme électoral ! Pour le Parti Libéral, l’écologie passe également par le fait qu’il faut « alléger les procédures en matière d'autorisation de construire ». Sans oublier de mentionner qu’en matière d’écologie « l'incitation doit être préférée à la coercition, à la pénalisation, à une fiscalité déguisée, au rationnement et à toute contrainte dommageable à la prospérité économique et à la capacité d'innovation de notre pays. ». En gros, il faut être écolo par principe, car c’est tendance, mais que le budget de développement du nucléaire doit être préféré au développement des énergies renouvelables et que l’écologie c’est bien tant que ça n’entrave pas la sacro-sainte économie. La notion de développement durable est donc détournée au profit d’un seul domaine : le fric !
Pauvres libéraux qui tentent désespérément de retourner dans la Chambre des Cantons, mais également d’augmenter leur nombre de députés à la Chambre basse. Eux qui misaient sur une doublement de leurs effectifs en 2003 et de passer à 12, ils en ont perdu 2 sièges pour devoir se fondre dans le groupe radical-libéral afin de ne pas perdre la main (verte) dans les commissions diverses du Parlement.
Après ce coming-out raté, c’est au tour des « je-ne-sais-pas-où-je-me-situe-mais-je-sais-que-je-vais-où-va-le-vent », comprenez le Parti démocrate-chrétien. Comme d’habitude, lancés sur une frénétique envie de plaire à une audience qui a quitté la serre depuis un petit moment, le PDC a rédigé son contrat électoral dit écologique. Il faut préserver l’environnement car le réchauffement climatique fera perdre de l’argent aux stations de ski, il faut préserver l’environnement et l’énergie grâce notamment à l’option nucléaire. Le PDC est le « seul parti vert bourgeois », comme il était le « seul parti de la famille », le seul « parti suisse ». En fait, le PDC est le seul parti à toujours faire autrement que ce qu’il dit. En gros, c’est un parti qui se cherche encore et toujours, et qui court toujours derrière ce qui lui semble intéressant, puisqu’il n’a jamais vraiment su créer ses propres idées que les autres pourraient suivre. Une vraie comédie politique!
Une récente étude démontre que 94% des Verts (et que font donc les 6% restants ?!?) et 92% des socialistes votent presque toujours en faveur de l’environnement au Parlement. Il tombe à 51% pour le PDC, 22% pour les Radicaux et 5% pourcent pour l’UDC, la bonne vieille branche agraire est définitivement bien morte !
Et puis il y a le climat qui débloque : pluies diluviennes, températures extrêmes. Il suffira de quelques dégâts importants dus au climat pour que les électeurs donnent définitivement leurs voix aux partis écologistes. Bien évidemment, les socialistes sont, après le parti écologiste, les députés les plus sensibles concernant la protection de l’environnement. Faut-il encore qu’ils cessent de balbutier sur des sujets internes donnant une image parfois autant pitoyable que le PS français. Dans un pays où l’on a vraiment compris ce que c’est d’être écolo – pas comme en France où il a fallu le Pacte Ecologique de Nicolas Hulot et où Ségolène Royal voulait faire du pays « l’excellence écologique » alors que le tri des déchets n’est pas légion et où les poubelles sont composées de la rue ! – le moment est venu pour une révolution verte écolo, qui sait intégrer autant les politiques sociales, économiques et écologiques. Le parti écologiste suisse tient en main aujourd’hui un formidable sésame pour se faire voir et se faire entendre, c’est le garant politique du Développement Durable. Gageons qu’il sache en profiter et faire gagner la gauche, puisqu’apparemment les socialistes ne sont pas pénalisés par la montée des Verts.
02:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Suisse Parti Ecologiste Les Verts
02.04.2007
PDC, Le Parti Hypocrite
Madame Binder,
C'est une très jolie tirade bien ficelée que vous avez écrite sur le site du PDC. C'est très bien écrit, bien pensé, mais que dire de l'hypocrisie énorme de votre texte, Madame!
Comment voulez-vous avoir le moindre soupçon de crédibilité dans vos belles paroles!?
Le PDC, lors de la mise en place de la Loi sur l'Assurance Maternité votre parti si bien pensant, a exclu les mères adoptives de la loi sur l'Assurance Maternité.
Parti de la Famille, qu'est le PDC, de la famille blonde aux yeux bleus, de la famille "suisse" d'Heidi, de la Suisse blanche et fermée sur elle-même!
Vous méprisez l'UDC pour ses prises de positions concernant les femmes, mais lorsque le Parti Démocrate Chrétien a du soutenir la "famille", composée d'un père, d'une mère et d'enfants adoptés, vous avez abandonné ces mères, ces "vraies" mères, que vous avez expulsées du cercle des femmes pouvant obtenir une assurance maternité. Des mères qui investissent leur amour et leur temps dans l'éducation des enfants venus d'ailleurs, de ces enfants qui deviennent leurs enfants, des enfants de la Suisse et des enfants du Pays.
Lamentablement, le PDC s'est abaissé à lécher les bottes du PRD et de l'UDC estimant que d'inclure les mères adoptives dans la loi sur L'Assurance Maternité risquerait d'engendrer un référendum (qui a eu lieu) mais de plus, aurait "probablement" fait vaciller le résultat dans le NON. Pour des questions "d'économies", elles n'ont donc pu toucher l'Assurance Maternité.
Opportuniste, vous les avez donc oubliées, expulsées, méprisées. Fières comme des pans, vous alliez prêcher la bonne nouvelle, "Le PDC c'est LE parti de la Famille", de la famille "biologique" fallait-il sous-entendre?!
Mères adoptives? Vous n'êtes pas dignes d'obtenir une assurance maternité, car finalement, si vous n'êtes pas inclues dans la loi, c'est que vous n'êtes tout simplement pas... mères!
Alors oui, vous pouvez continuer à écrire de beaux textes finalement vides de sens, quand on sait que pour le PDC, une femme est aussi une mère, mais pas une mère adoptive, elle n'est bonne qu'à se taire, à ne bénéficier d'aucune aide. C'est probablement bien fait pour elle, elle n'a pas la possibilité biologiquement d'avoir des enfants. Le PDC fut donc misogyne à l'égard des femmes adoptantes.
Pour le PDC, la mère adoptive, c'est donc une demi-mère, une mère de seconde zone, une demi-femme.
Je tremble en écrivant ces lignes! Vous m'agacez à un point! Je suis enfant adopté. Ma mère s'est battue pour nous! Elle nous a élevé, mes deux soeurs et moi. Elle nous a donné une vie, une éducation, de l'amour, du courage.
Aujourd'hui, vous faite la tirade de Cyrano sur les femmes et l'image que l'UDC peut avoir d'elles. Votre nez n'envie certainement aucunement celui de Pinnochio quand on sait que vous aussi, vous faites des catégories : les mères biologiques, les "vraies" celles qui peuvent toucher l'Assurance Maternité, et les mères adoptives, les "fausses", les "demie-mères", celles qui n'en sont pas dignes. GRACE à votre Parti, le Parti de la Famille, elles n'ont tout simplement pas eu le droit d'être ce qu'elles sont.
Mon coup de gueule, Madame Binder, je le pousse depuis Paris. J'ai 25 ans, je suis un homme, je suis engagé politiquement. Et je décide, aujourd'hui, de le faire partager avec d'autres personnes en diffusant cet email à des hommes et des femmes politiques du pays, pour qu'ils sachent que même si je suis en France et que je suis peut-être tout seul à penser cela, contrairement à vous et votre tirade hypocrite, moi, Madame Binder, je soutiens la FEMME quelle qu'elle soit.
Il y a en politique des réveils douloureux. Et des mots qu'on ne voudrait pas entendre. Aujourd'hui, vous aurez lu et vu que vous aussi, le PDC, fait une ségrégation entre les Femmes!
Aurez-vous au moins l'honneur, contrairement à Madame Meyer que j'avais interpellée, de me répondre? Je me réjouis de débattre avec vous sur vos préférences entre les femmes mères adoptives et biologiques. Car malheureusement, en politique, il y a aussi des passés qu'on voudrait oublier. Mais je suis là pour vous le rappeler. Ce que vous dénoncez aujourd'hui, vous l'avez fait hier... Belle image.
A bon entendeur
00:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : SUISSE Politique
11.02.2007
Georges Aegler
Il avait un peu de politique dans le sang, mais beaucoup d'humanisme dans son coeur.
Je me souviendrai de cette première rencontre avec Monsieur Aegler et Madame Lehmann au siège de la Fondation ASECE - Georges Aegler.
Je devais le rencontrer afin de passer un entretien pour faire une affectation de Service Civil. Il est vrai que j'avais essayé à plusieures reprises et tentatives de «décrocher» une affectation dans divers établissements notamment des établissements travaillant avec des toxicomans, dans la prévention de l'alcoolisme et également travaillant avec des enfants. Mon départ en France pressait et je devais faire une affectation avant de quitter le territoire helvétique.
Un petit monsieur, un peu courbé et faisant de petits pas, à première vue autoritaire dans sa façon de parler. Et puis la discussion s'engage : «Pourquoi personne n'a pris la peine de vous répondre avec les qualités que vous avez?» me demande-t-il mon CV sous ses yeux. Quelques remarques sur mon origine, mes racines jurassiennes, mon cursus universitaire. Et l'entretien se termine par «nous nous réjouissons de travailler avec vous.» J'avais mon affectation et le travail avait l'air intéressant, bien que pas du tout dans ce que je recherchais.
Je me suis donc penché dès mon retour à la maison sur l'ASECE en googlant son nom sur internet. Les buts de la Fondation me paraissaient intéressants, le travail serait riche, me suis-je dit.
La Fondation ASECE a été créée par Georges Aegler dans le but d'allouer des micro-crédits à des entrepreneurs n'ayant pas été reçu les portes des banques ouvertes. Un micro-crédit pour les lancer dans le monde du travail, pour se réinsérer professionnellement, pour repartir d'un bon pied.
La première semaine fut rude : Monsieur Aegler était sec dans ses paroles, vif, peut-être trop vif à mon goût. Et puis un petit incident de santé se produisit. Je l'accompagnai à l'hôpital. Soucieux, dans l'ascenseur nous emmenant au rez-de-chaussée, il me regarda avec un regard un peu triste et me dit : « je suis préparé à partir, mais pas maintenant. J'ai encore trop de choses à faire.» Je tentai de le résonner, lui disant que tout avait une fin, mais que ce n'était pas encore la sienne, il était trop vif pour partir. Le taxi-man en a fait l'expérience 2 minutes plus tard: une route barrée faisant faire un détour au taxi, Monsieur Aegler lui rappella le chemin à prendre. Après une petite explication du pourquoi et du comment du choix d'un autre chemin, ce dernier ne put se garer là où Monsieur Aegler le lui demanda. Après avoir donné un pourboire au conducteur du taxi, il me glissa à l'oreille «ma foi, quand un boeuf ne veut pas boire de l'eau...» Ce qui me fit sourire, sa vigueur et son état d'esprit témoignait de sa vivacité et de ses capacités. Ce n'était définitivement pas son heure. Puisque tout allait bien au sortir de l'hôpital, il voulu descendre les 100 mètres qui nous séparaient des bureaux de la Fondation: sur ces 100 m parcourus en 5 minutes, il me parla de ses entreprises fondées, de son capital-action partagé avec ses employés qui le refusèrent - un patron ne devait pas être sincère en leur proposant de devenir actionnaires de leur entreprise - de son entrée au Parti socialiste et de son engagement auprès du Centre Social Protestant. Sous la chaleur tapante d'un début d'été, une vie rapidement évoquée en 5 minutes m'interpella.
S'enchaînèrent les discussions politiques, les échanges sur tous les thèmes possibles et inimaginable dès le matin à mon arrivée au bureau, où il était déjà attelé à sa tâche de Président d'ASECE. Le printemps passa et les orages aussi: il faisait bon le voir tous les matins, il apportait ce je ne sais quoi qui faisait que tous les jours, je savais que j'allais encore apprendre quelque chose de lui. Les discussions sur le PDC, les Radicaux, le PS, Blocher, le cinéma, la musique, l'économie, les jeunes, le chômage, la guerre, le prix du pétrole, l'AVS, le vin, la politique, le lac Léman, les banques... Il me donnait des journaux à lire, des articles qu'il découpait et dont mon avis l'intéressait. Une complicité s'engagea entre nous deux dans une sorte de respect mutuel et sincère.
Les discussions étaient à chaque fois passionnantes, son ton était de plus en plus invitant à la confidence, son esprit vif devenait vivifiant.
Et puis arriva «notre» journée à la Fondation Walker, récompensant de jeunes entrepreneurs suisses avec une enveloppe bien fournie. On partit un matin pour Soleure. Dans le train, on évoqua son passage dans l'armée, il évoqua longuement les relations avec son père, le sport, ses épouses, sa vie. Les gens dans le train le regardaient avec étonnement, ce petit Monsieur la tête pleine, sa licence universitaire obtenues après ses septante ans. Un jeune homme le regarda et lui demanda «mais vous avez quel âge?» «Que pensez-vous?» lui demanda-t-il. «septante, quatre-vingt?». «Nonante-cinq jeune homme!» lui lança-t-il d'un air malicieux. Il me regarda d'un air complice m'adressant au passage un clin d'oeil qui voulait tout dire. Sur le retour, il m'invita à manger au buffet de la Gare de Lausanne, nous évoquâmes mon histoire, mes racines en Inde, ma famille en Suisse, mes parents, mes soeurs, mes passions. Rentrée heureuse et satisfaite à la Fondation. Belle journée, donnant un sentiment de "peut-être" et atténuant le fait que si "sa banque" ouvrait ses portes pour d'autres, celles des grandes banques ne furent pas ouvertes pour lui.
Monsieur Aegler a je pense passé sa vie entière au service des autres: en tant qu'entrepreneur, en tant que militant au Parti Socialiste, en tant que responsable au Centre Social Protestant, au service de son pays à l'armée et au service des jeunes avec l'ASECE. Gradé, l'armée était une partie importante de son histoire. Ouverture d'esprit immense quand on sait qu'il a très rapidement pris contact avec le Service civil, pourtant décrié par l'armée et ses responsables. Sans jamais porter un seul regard négatif sur cette institution, il a transmis ses idées à des jeunes, il les a écouté, il les a soutenu.
Madame Lehmann m'a dit un jour « vous savez, il vous apprécie beaucoup, il ne vous a pas fait tenir la liste.» «Quelle liste?» «Une liste un peu inutile, mais il y tient. Il demande au début aux civilistes de tenir cette liste, il veut regarder leur attitude envers ce travail un peu monotone. Je crois qu'il vous apprécie beaucoup.»
Sachant mon départ pour une école de cinéma, Monsieur Aegler a tenu à ce que nous apparaissions, nous les civilistes, dans le film réalisé par Jean-Charles Pellaud et Michel Bory. Il avait une façon un peu indirecte à exprimer ses sentiments. Mais il m'a dit le dernier jour en privé « Vous auriez été le petit fils que j'aurais voulu avoir.»
C'est le Canton de Vaud, la Romandie et la Suisse qui perdent aujourd'hui un homme emprunt d'humanisme pur. La Ville de Lausanne pourrait lui offrir le nom d'une de ses rues, un hommage discret qui donnerait à cet homme la place qu'il a toujours eu: présent mais sans forcément être connu.
Il y a des signes qui ne trompent pas. Comme le premier avion apparaissant au dessus de nos têtes lors du tournage de mon film: un boeing d'AirIndia, le même qui m'emmena il y a 25 ans en Suisse. Comme la lettre que je lui ai envoyé de Paris et qu'il a reçu quelques jours avant son départ, lui racontant la ville, ses odeurs, ses lieux, et dans laquelle, je lui dit «vous auriez été le grand-père que j'aurais voulu avoir.»
La boucle est bouclée.
Que dire de plus.
Si ce n'est merci.
02:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.11.2006
Un weekend chargé de votations et d’élections
Toujours en imitant d’autres cantons, Zurich s’est prononcé en faveur du français dans les écoles primaires. L’initiative populaire estimait que l’apprentissage du français en 5è et de l’anglais dès la 3è année était un poids pour les écoliers et voulait faire apprendre le français dès la 7è années, soit trois ans avant la fin de l’école obligatoire. Par 58,5%, le souverain zurichois a décidé de donner au français une importance non-négligeable suivant ainsi Schaffhouse, la Thrugovie et Zoug. Ce vote est important pour la cohésion nationale, le respect et l’enseignement des autres langues officielles du pays. Il est d’ailleurs très intéressant de remarquer que ces initiatives ont été repoussées dans des cantons qui sont relativement éloignés de la Romandie et où le français n’a pas vraiment d’influence sur la vie future des écoliers, l’anglais et l’allemand étant des langues importantes. Quoiqu’il en soit, le plurilinguisme et le fait d’être polyglotte ne peut qu’être un avantage que ces cantons suisses ont compris.
Finalement, Aargovie, Uri et Zoug ont approuvé une baisse importante des impôts. Zoug devient dès lors de top-du-top des paradis fiscaux en Europe. La gauche avait lancé le référendum contre cette loi estimant que c’était une perte catastrophique pour l’Etat. Les Zougois n’ont n’en pas tenu compte.
Finalement dans le canton de Fribourg, la Gauche et le PS a tenu bon contre une droite en appetit et pendant de longs moments durant l’après-midi, la gauche croyait avoir perdu un de ses sièges au Conseil d’Etat, l’Exécutif du Canton.
Si au niveau fiscal la Gauche a perdu des scrutins importants, les non-fumeurs, les familles et l’Europe a gagné ce weekend. C’est donc une bonne nouvelle. Alors que seul le Monde, trois journaux en Autriche et 2 journaux en Allemagne ont relaté les faits de l’acceptation du Milliard de Cohésion, les Ambassadeurs des pays touchant l’aide de la Suisse ont estimé que c’était relativement normal et que la Suisse bénéficiait plus de cet accord que n’importe qui d’autre. C’est clairement à mon avis un message faux et injuste. Ces accords bilatéraux satisfont l’UE et la Suisse, aucun remerciement larmoyant n’était demandé. Mais la fine-bouche de certains pays qui toucheront cette aide était déplacée.
Le vote sur l’acceptation du Milliard de Cohésion est important. Il démontre que la Suisse et ses habitants savent dire non ou oui à l’Europe et à Bruxelles, trouver des solutions satisfaisantes pour les deux parties et monnayant des traités avec des gains mais des pertes également des deux côtés. N’oublions pas qu’aujourd’hui, la Suisse, sans être membre de l’Union Européenne, a peut-être fait preuve d’une maturité qui ne saurait être retrouvée dans la plupart des pays membres de l’UE. Inutile de rappeler le NON au Traité de Nice par les Irlandais, et les NON au TCE par la France et les Pays-Bas.
02:16 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : SUISSE, politique
20.11.2006
1 Milliard pour l'UE et l'Est
Ce vote finalisera les Secondes Bilatérales conclues entre la Suisse et l’UE notamment déjà entamées avec l’adhésion de la Suisse aux accords Schengen et Dublin.
Ce vote est crucial. Il clôturera la politique bilatérale menée entre la Suisse et l’UE depuis son refus en décembre nonante-deux d’intégrer l’Espace Economique Européen.
Pendant plusieurs années, j’ai fait partie du Nouveau Mouvement Européen Suisse (NOMES) principal lobby politique proeuropéen en Suisse militant pour l’adhésion. Bien que la Suisse ait gelé son adhésion en 1992, l’UE a toujours dans ses tiroirs la demande d’adhésion helvétique. Et depuis 1992, la Suisse avance à petits pas, hélas pour le NOMES, quant à la possibilité de rejoindre l'UE.
La Suisse s’européanise en quelque sorte petit à petit, et se dote de lois « euro compatibles. » L’acceptation de ce milliard de cohésion parachèvera la pseudo intégration de la Suisse au sein de l’UE. Ayant signé deux paquets de bilatérales avec l’UE, permettant l’utilisation de l’Euro dans la plupart des grands commerces, à la poste et dans les trains, membre désormais de Schengen et Dublin, la Suisse, sans pouvoir de décision, sera bientôt plus « européenne » que le Royaume-Uni dans la pratique. Sans réel frais de cotisation, elle bénéficiera de tous les avantages de l’UE sans en faire partie pleinement. On pourrait penser que c’est de l’opportunisme mal placé mais l’UE doit certainement s’en accommoder. Si elle le désirait, Bruxelles pourrait faire plier la Suisse en deux temps trois mouvements par des moyens de pressions très efficaces et obligerait la Confédération à intégrer une improbable nouvelle UE à 28... Elle n’en fera rien et je pense sincèrement que le secret bancaire tant décrié par Bruxelles doit probablement lui servir à quelque chose.
Dire OUI à cette loi est bénéfique pour les pros et anti-UE. Bénéfique dans le sens que la Suisse aura rempli son contrat envers l’UE pour les pro-UE et bénéfique également dans le sens qu’elle n’aura plus rien à demander ni à donner à l’UE pour les anti-UE. Mais avant tout, dire OUI c’est être responsable, solidaire, et convaincu que même si l’UE d’aujourd’hui n’est pas très « sexy », elle est encore jeune et à de longues années devant elle pour s’améliorer, se bonifier, se renforcer. La Suisse fait partie intégrale de la communauté culturelle et sociale de l’Europe. Bénéficiant du plan Marshall alors qu’elle n’était que peu touchée par la Seconde Guerre Mondiale, c’est à son tour de donner un coup de main dans des projets qu’elle décidera seule de financer. L’Europe se construit sans la Suisse. Que la Suisse aide à construire l’Europe. Pour l’avenir des autres et du sien !
01:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : suisse politique
19.11.2006
République banlieusarde et Helvetia régionale
« La banlieue. » J’y vais tous les jours de la semaine ou presque, puisque mon école est dans le « neuf-trois », le « nonante-trois » ou le « quatre-vingt treize » pour parler « francillogique », à Saint-Denis. De par son caractère cosmopolite et abritant des Cités, des gens de différentes couleurs de peau, d’origines et de différentes religions, il fait bien politiquement de taper sur la banlieue ou de dire qu’on en vient, qu’on y a vécu ou qu’on en est l’élue ou l’élu et qu’on se promène pour rencontrer la population, comme on y va dans un zoo pour voir les animaux. Par simple utilisation du mot, la banlieue n’apparaît dans l’imaginaire collectif qu’en « région » parisienne. Paris est donc l’unique ville française ayant des banlieues. Marseille à « ses quartiers ». C’est tout ce qu’on lui a donné en dehors de son périmètre. M6 avec son si bien nommé « Zone Interdite » et UMP-TV avec son si bien nommé « Droit de Savoir » (TF1 pour ceux qui n’avaient pas remarqué que même le logo est presque identique, à part les lettres) nous gratifient de documentaires sur des violences urbaines, sur des crimes commis, des morts pour subvenir à leur audimat leur permettant entre deux show de télé-réalité de faire de l’audimat pour payer les factures à la fin du mois. M6 et UMP-TV ont chacun des studios dans cette « banlieue », à la Plaine St-Denis, dans ce « Droit de Savoir en Zone Interdite. » Un chroniqueur sur France2 dans l’émission « On n’est pas encore couché » demandait même à ce que plus aucun argent ne soit distribué dans des endroits où les lois de la « République » ne sont pas respectées. Bref, il ne fait pas bon vivre dans une « banlieue », sorte de « déchet » urbain, périphérique, décentré, déconcentré pour les politiciens et même les simples citoyens. Tellement décriée qu’un slam a été dédié à St-Denis pour contrebalancer sa mauvaise image prétendue.
À côté du mot « Banlieue », j’ai noté que la « République » était un terme très important en France. Alors que la plupart des pays européens sont des républiques, telles que l’Allemagne, l’Italie, la Suisse ou l’Autriche, dans aucun de ces pays, le terme « République » ne tient une signification identique à celle en France. À côté de la République, il y a cette pensée unique, une « République Une et Indivisible » qui étouffe toutes les différences qui font que parfois on se sent fier d’être ce qu’on est parce qu’on est différent, qu’on vient d’ailleurs, qu’on n’est pas de Paris. La « République » est garante d’unité, d’égalité, de fraternité... Une image marketing parfaite, incolore, inodore, vide de sens à mon goût. Une image-façade permettant de s’y réfugier lorsqu’on ne sait plus quoi dire.
Tout ça pour dire que j’ai le sentiment que la République et la Banlieue sont des termes opposés dans l’imaginaire collectif français. Alors que la première est une représentation fausse de ce qu’elle représente pour son caractère annulant tout ce qui ne serait pas « républicain » et donc « acceptable », la seconde est une représentation fausse également parce que la banlieue ce n’est pas que des violences, des jeunes enragés. La banlieue est peuplée des membres de la République un point c’est tout. Rien de plus et rien de moins ne devrait être dit. Pour les politiciens, qu’ils en parlent positivement ou négativement fait d’elle automatiquement un endroit à priori stigmatisé.
Fédéraliste suisse convaincu, je pense que la République française devrait être plus ouverte sur ses différences, sur ses différentes cultures, être « fédérale » dans tous les sens du terme, ne pas s’imposer comme une dictature machiavelo-éclairée, mais comme un élément fédérateur, de cohésion qui va au-delà du sens voulu, qui entre en plein dans le sens imaginé et non fantasmé.
Imaginons un instant une République Fédérale Française, acceptant les différences qui font de chacun un tout, unis dans la diversité. La France désire une Europe la respectant pour sa langue, son histoire, ses racines, mais refuse par principe républicain de faire de même pour ses régions et leurs langues, leurs histoires et leurs racines. Il ne doit y avoir qu’un seul modèle, basés sur des principes datant de 1789, dans un monde autre qu’aujourd’hui, totalement différent qu’en 2006. La République banlieusarde est peut-être l’avenir de cette République artificiellement créée après une Révolution ayant découlé sur les Droits de l’Homme. Intégrant autrement des valeurs « républicaines », repensant sa légitimité, ses racines et son utilité. La Ligne 12 du Métro parisien, station Concorde, reprend le beau concept des Droits de l’Homme intimement liés à la naissance de cette République. Avec une faute d’orthographe. Le texte n’est donc plus parfait dans sa forme, mais le reste dans son fond. Comme la République française d’aujourd’hui. Et comme devrait l’être la Banlieue.
05:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, suisse, france
13.10.2006
Le radicalisme français
Pour avoir pendant des années regardé avec un oeil parfois amusé ou étonné la vie politique française et pour avoir découvert notamment le PRG et sa visibilité grâce à son ancienne candidate, Mme Taubira, à la Présidentielle de 2002, le parti m'a paru moderne, dynamique. Après des dépouillements soignés de son programme, de l'historique et après avoir fait la lumière sur une certaine confusion entre des Radicaux de droite un peu identiques aux Radicaux helvétiques, c'est à dire courant derrière un grand parti majoritaire que je qualifie de populiste qu'est l'UMP ou l'UDC en Suisse, et des Radicaux de Gauche revendiquant leurs origines et leurs valeurs essentielles, j'ai franchi le pas et pris contact avec la section jeunesse du parti. Et dès mon arrivée en France, j'ai décidé de rejoindre le parti.
Alors comme ça, un petit parti aurait fait sauter la porte Rue Solférino... David aurait (a)battu Goliath et devrait porter tous les maux de la gauche? Il fallait y aller pour se convaincre de cette bêtise.
Oui, Madame Taubira a pesé lourd dans la balance de mon choix. Pourquoi? Tout simplement parce que c'est une femme de gauche, qui tout en étant française, a d'autres racines qui permettent de relativiser et de survoler des problèmes que des franco-français-métropoitains ne pourraient peut-être pas voir. Je pense que l'ethnologie est intimement liée à la politique. Et l'ethnologie, paraît-il, assume qu'il est impossible de comprendre le système sociétal de l'intérieur. Dilemme. La politique est censée régler et comprendre les problèmes sociétaux de l'intérieur... Non, je ne prétends aucunement apporter «la» vision extérieure, mais je me sens plus proche de Madame Taubira de par ma position politique en France qu'un métropolitain qui serait parisien par exemple. Même si ma position concernant le colonialisme en France n'est pas la même que celle de cette personne, l'image du parti qu'elle a donné, en tout cas en Suisse, c'est que le PRG = Madame Taubira.
Qu'on le veuille ou non, la politique c'est aussi du marketing. Faire du marketing sur ses origines ou sa couleur de peau n'est pas un argument valable à mes yeux. On fait de la politique pour les valeurs qu'on veut transmettre, pas pour ses origines même si ces dernières peuvent parfois être un atout ou un sérieux désavantage.
Ce soir, j'ai dévoré le discours de Sarkozy sur La Chaîne Parlementaire: nationalisme déplacé, postillons à chaque phrase sur ses notes, le discours était fort intéressant. Il y avait une sorte de paradoxe flagrant entre le respect des identités régionales spécifiques à la France, tout en affirmant que «quand on vit en France, on parle le Français.» Ouf, Sarkozy a oublié dès lors que les bretons, corses, occitans et autres communautés qui sont attachées à leur langue régionale sont aussi des Français. Et si l'on parle Français, vit-on donc tous en France? Il ne veut pas d'une France fédérale, mais désire une décentralisation et reconnaît l'utilité de la subsidiarité. Ce qui vaut pour l'Europe ne vaut donc pas pour son pays? Rappelant le traditionnel «Liberté, Egalité, Fraternité», cette devise aussi jolie soit-elle peut-elle réellement être mise en application avec son programme. Affirmant que les peuples sont libres à choisir leur auto-détermination, la Ligue Savoisienne, le Parti Occitant et l'Union Démocratique Bretonne ont du être enchantés par son discours. Si j'avais le droit de vote et que je n'étais pas en France, j'aurais voté Taubira pour une VI République. Sarkozy a plusieurs fois fait mention qu'il désirait une nouvelle république. Qu'il vote dès lors pour le PRG. Pour une VI République.
Tout en terminant mon curry rouge de la soirée passée et tentant de digérer son discours Gaulliste (une lecture des manuels scolaires d'histoire suisses feraient perdre les cheveux des gaullistes français) j'avais la confirmation que j'attendais. Oui, j'ai bien fait d'adhérer au PRG. Pour les valeurs qu'il supporte. Pour l'héritage qui l'anime. Et pour Taubira qui l'a représenté et je l'espère, le représentera encore en 2007...
02:06 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : France, Politique
25.09.2006
Non en 2002 et Oui en 2006
On pourra me traiter de xénophobe, de raciste, d'intolérant, de tous les autres maux de la terre, il n'en reste pas moins qu'avec une certaine appréhension, mon vote est conséquent avec le résultat d'aujourd'hui. Je dois avouer que lorsque j'ai du écrire un «oui» ou un «non», j'ai longtemps hésité. D'abord, je me voyais refuser les deux lois. Par la suite, je me voyais refuser la loi sur les étranger mais acceepter celle sur l'asile et puis ce fut le contraire. Finalement, j'ai glissé, après des heures de réflexion, de débat, de discussions avec mes proches et mes amis ainsi qu'avec ma famille, deux «oui».
Les résultats sont là: environ septante pourcent de la population a accepté ces deux lois. Mais le conflit venait d'autre part, d'ailleurs. Pour la première fois, je me voyais en opposition totale avec les partis avec lesquels j'ai une sensibilité plus ou moins importante, des partis de gauche. Alors que je me refuse à faire jouer des intérêts religieux et sectaires dans le sens primaire du terme, je me trouvais également en contradiction avec le mot d'ordre de la Fédération des Eglises Protestantes de Suisse. Pour des raisons annexes, la Conférence des Evêques de Suisse (CES) fait des différences de traitement entre les humains, ce n'est pas elle que j'allais suivre, même si cette conférences d'hypocrites avait le même mot d'ordre que la FEPS. Et puis des gens de la société civile, des artistes, des politiciens que je respecte, tous étaient contre ces lois. Même mes amis étaient contre ces lois. Alors pourquoi, moi qui m'étais engagé fermement contre le durcissement de la loi sur l'Asile en 2002 et qui pendant 5 ans avais une affiche du comité référendaire et de l'Organisation Suisse de l'Aide aux Réfugiés (OSAR) trônant au dessus de mon lit, comment ai-je pu finalement glisser deux «oui» dans l'urne?
Je trouve plusieurs éléments de réponses à cette question: j'ai d'abord lu les textes. Ils me paraissaient parfois trop durs, mais comportaient également de bons éléments. Le fait d'apprendre une langue du pays avec des cours organisés par les autorités était un point essentiel que je trouvais justifié. La punition des passeurs l'était aussi. La procédures facilitée pour les étrangers m'a paru également juste. J'ai profité de répondre le plus correctement avec mes opinions mais aussi ma sensibilité à des questions et des tests neutres sur internet (n'importe quel moyen est bon pour se faire une opinion) et les résultats étaient sans appel, un peu comme aujourd'hui. Mais je crois finalement que malgré tout ce que l'on a pu dire, je considère mon vote comme un signal, un signe important, comme la majorité des gens qui ont voté oui aujourd'hui: ils ne sont pas forcément de droite, ni racistes. Des événements personnels qui se sont passés m'ont également poussé à voter «oui», probablement en sanctionnant certaines personnes par la faute d'autres. Je le reconnais. Mais je n'en n'ai pas honte. C'est là où réside le malaise. Alors que tout devrait me faire voter «non», je n'ai pas honte de mon «oui».
Peut-être que ce «oui» devait rassurer les Suisses, peut-être en perte d'identité, à côté d'une Europe qui se construit sans elle, mais qui l'influence fortement? En 2001, le résultat était serré: l'initiative «Contre les abus dans le droit d'asile» de novembre avait été rejetée par 50,1% de la population. Ce signal aurait du être pris au sérieux par les politiques et les autorités. La gauche angélique et bien pensante avait le même discours depuis des années «il faut accueuillir tout le monde» et la droite populiste demandait en substance un grand «Raus!». Même des sondages expliquaient que les sympathisants du PS soutenaient majoritairement pendant un moment, les deux lois sur l'Asile et les Etrangers. A noter qu'une partie de la droite libérale s'opposait à la loi sur l'Asile mais ne pipait mot concernant la loi sur les Etrangers. Pourquoi et comment passe-t-on de 49% de oui à environ 70% en 4 ans? Je pense, mais ce n'est pas que cela et pas si simple, cependant que ce signal de novembre 2002 n'a pas été perçu par une partie de la gauche. Car si elle était majoritairement opposée à l'initiative en 2002 et que ses sympathisants ont voté contre ce texte, aujourd'hui, elle doit également se demander pourquoi d'autres sympathisants sont allés dans le sens contraire.
Le PS s'est donc ramassé une giffle. Après une série de votations gagnées, la gauche a complètement perdu et tout perdu en ce 24 septembre 2006. Son initiative COSA demandant d'attribuer les bénéfices nets de la Banque Nationale Suisse à l'AVS a également été rejetée. Il est important que la gauche puisse continuer à gagner. Mais comme je l'ai répété souvent, il faut qu'elle devienne plus réaliste, moins angélique. Sans quoi, elle risque encore à nouveau de vivre de cuisants échecs.
00:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : suisse, politique
25.06.2006
France - Romandie: une histoire d'amour et de haine
«Je soutiens deux équipes: la Suisse et celle qui battra la France.»
L'inventeur de ce slogan imprimé sur t-shirt a fait fureur en Suisse romande, en ces premières semaines de la Coupe du Monde de foot. Comme je l'ai dit auparavant, je déteste le foot. Mais la ferveur «nationale» qui en découle de ce côté de la frontière franco-suisse pose plusieurs interrogations.
Commençons tout d'abord par l'histoire des drapeaux accrochés aux fenêtres, brandis par les passagers des autos et sur les t-shirts divers et variés. A chaque fin de match, Lausanne et son centre-ville est bloqué, innondé par les fans de foot de chaque pays participant à la coupe du monde. Il y a les discrets, et ceux que l'on voit et entend, majoritairement les communautés d'émigrés: Espagnols, Italiens et Portugais, mais également les Brésiliens. Si pour les trois premiers pays, cela se comprend par la forte immigration qui s'est produite pendant les années septante, le cas brésilien doit certainement plus découler d'une sympathie relativement forte pour ce pays: à part les brésiliens eux-mêmes, combien de fenêtres et balcons arborent le drapeau brésilien à côté du suisse? Un bon nombre impossible à dénombrer.
Mais l'événement était le match non-événement entre la Suisse et la France. Aucune idée du côté de la Suisse alémanique, mais en Romandie c'était la furreur: «pourvu qu'ils perdent ces Français!», «qu'on gagne haut la main», «que la France retourne d'où elle vient» et j'en passe. Toutes ces petites phrases assassines que l'on a pu entendre à répétition pendant quelques jours.
D'ou vient ce «nationalisme», ce «chauvinisme» si soudain contre la France? De leur prétendue «arrogance», elle même dénotée par Philippe Séguin, Premier Président de la Cour des Comptes, dans le journal français Le Monde du 17 juin 2006:«A Stuttgart, dans la chasse aux places, la fédération suisse avait battu à plate couture la fédération française : il était donc difficile de ne pas croiser, en fin de match, ces milliers de sourires helvètes et goguenards, réparties muettes à ce qu'il faut bien appeler, comme le premier déclinologue venu, notre arrogance.»
L'arrogance française existe-t-elle? Ce n'est pas parce que tout le monde le dit que c'est forcément vrai. Cependant, lors de reportages avant le match, on voyait des français hurler au déjeuner en face de supporters suisses «les ptits suisses, on va les bouffer!» Il suffit de surfer sur les forums consacrés au foot sur France2 ou Eurosport pour un festival français de prétentions: «en suisse meme votre cerveau marche au ralenti!», «la france va taffé sec la suise», «j'espere que la france va humilier les Suisse 1-0», «La Suisse est une bonne equipe bien en place qui devrait poser des problemes a la France...pendant 45min. France 3 - 0 Suisse», « Henry va bien vous humilier !!». Bref. Les médias français ont également rapporté l'arrogance Suisse envers les Français. Comme si c'était quelque chose d'incompréhensible, impensable, inexplicable. Avec un regard un peu plus critique, le Zapping de Canal+ alternait l'arrogance des Français et le ricanement de Corinne Portier, correspondante TSR-RTBF jubilant un tantinet sur les prétentions des fameux «3-0» pour la France réduits à néant.
Seul le journal Le Temps, tentait de saisir l'essence même de cette flambée patriotique, cette envie soudaine de tanner les Français à leur propre jeu, l'arrogance. Car si pour ces derniers, ils restent champions du Monde, ils oublient très vite qu'être Grand signifie le rester. Lorsque l'on est «petit», on peut toujours grandir.
Mais que peut réellement permettre et oser une déclaration si brûlante envers la France, pendant ce mois si chaud? Pour ma part, je pense que la réponse se trouve dans l'Histoire. Comme Le Temps l'a expliqué, la Suisse et la France ont des liens très forts. Si ce n'est simplement la dénomination des cantons qui à part les cantons bilingue de Berne, Fribourg et du Valais, ainsi que le canton de Vaud longtemps sous domination bernoise, sont tous des «Républiques.» Napoléon, les Burgondes, la Savoie, Paris et Marignan, la Saint-Barthélémy sont autant d'éléments qui nous lient à la France.
Nous sommes liés non seulement par notre histoire, mais également par la langue, la culture et peut-être l'esprit. La Romandie est le territoire à proprement parler qui «entre» le plus dans le territoire français. Une ligne droite imaginaire pourrait être tirée de l'extrémité nord à l'extrémité sud de la Romandie, on voit que les Romands sont entièrement «imbriqués» dans la France. Alors qu'une toute petite minorité si peu comptable estime que la France devrait être notre pays, l'immense majorité des Romands regarde la France avec envie mais rejet également. Rejet de son système centraliste, peu démocratique par rapport à la Suisse, miné par le chômage et par les politicailles partisanes. D'un autre côté, la France représente la Culture, la Langue. Les Américains partents à Hollywood tenter leur chance, les Romands, comme les Marseillais, Toulousains ou Strasbourgeois montent à Paris...Lausanne n'est finalement qu'à 3h40 de Paris en TGV...
Comme le rapporte Sylvain Besson dans Le Temps du 13 juin 2006, la France a ouvert sa première représentation officielle en 1430. Par la suite, il y eut la guerre des Burgondes et Marignan en 1515. Napoléon acheva l'histoire militaire de la Suisse avec la France. Mais l'entente est cordiale depuis ce temps là.
Le problème réside probablement à un sentiment d'infériorité de la part de la Romandie et d'un sentiment d'ignorance venant de la part de la France. La Suisse, il est vrai, est reconnue par les Français pour son chocolat et ses montres. Le tout s'arrête là. Lorsque des Suisses poussent la porte de l'intérêt, ils deviennent soudainement français. Je me souviens de ce match de tennis aux JO de nonante-deux, c'était la finale. Et Marc Rosset gagna. Le commentateur français n'oublia pas de dire «ah qu'on est fier qu'il soit français!», sur ce, l'autre commentateur rappela que oui, Rosset parle français, mais qu'il est Suisse. La compétition entre la Suisse et la France ne s'arrête pas là. Oui, le Mont-Blanc est en France, mais oui également, les plus hauts sommets par la somme sont en Suisse. Non, Stéphane Eicher n'est pas Français et non, leur Gruyère n'est pas du Gruyère, mais de l'Emmenthal. Non, la gastronomie suisse ne s'arrête pas aux Roestis et aux Wurst, mais Crissier abrite l'unique Restaurant au monde a avoir été pointé 19,5 au Gault-Millau, oui, la Suisse a proportionnellement plus de restaurants pointés que la France. Ce sont de petites choses pas très importantes, mais qui, je crois, font du bien aux Romands, dans leur complexe d'infériorité.
En sciences-politiques, j'ai appris que l'identité nationale se créait et se basait notamment sur l'«Autre.» Sans «Autre» il n'y a pas de «Nous.» L'artiste Ben Vautier dit un jour de nonante-neuf «La Suisse n'existe pas.»
La Suisse n'existe pas? Vraiment? Tous ces drapeaux, cette ferveur nationale pendant cette Coupe du Monde ne démontre-t-elle pas que la Suisse existe quand même?! Si je pense que la Suisse n'existe pas en dehors de la Coupe du Monde, au niveau du sport et de la politique, elle se démarque. Contrairement à la Belgique, joli pays, mais où la tension entre les différents peuples qui la compose est palpable en moins de 3 jours de vacances à Bruxelles, la Suisse est construite sur une volonté commune de vivre ensemble et de tirer quelque chose des autres cantons. De l'opportunisme bien placé, de l'opportunisme utile. En Suisse, aucun parti n'oserait mettre l'étranger et l'autre communauté linguistique sur le même niveau, comme l'a fait le Vlaamsblok. Ici, pas de partis politiques divisés à la belge, selon la langue. Non, la Suisse n'existe peut-être pas, mais son élite politique est assez intelligente pour garder le pays unis et également garder ses prérogatives à Berne.
Je travaille au Service Civil dans une Fondation majoritairement francophone qui possède une seule antenne en Suisse allemande. Lors des séminaires et présentations, tout pour le moment, est en français. Ma cheffe m'a dit qu'elle avait vu que pour les Alémaniques, des documents non-traduits dans leur langue leur posait problème. Pour une fois, ils étaient dans la position minoritaire, devant demander et redemander d'avoir l'information dans leur langue, qu'on leur prête un peu d'attention. Car la Suisse allemande se comporte vis-à-vis de la Romandie de la même façon que la France. On sait qu'ils existent, mais cela ne fait ni chaud ni froid. Ils ne se sentent pas concernés.
La Romandie fait un complexe d'infériorité par rapport à la Suisse allemande qui détiendrait l'économie et la politique, et à la France qui détiendrait la Culture et la Langue. Des deux côtés, il n'y a qu'un regard posé sur elle, un regard condescendant ("Nos amis les Romands" pour les Alémaniques, "Nos amis les Suisses" pour les Français) ou une totale abstraction que l'on existe. Les Alémaniques vivent la même chose avec l'Allemagne et les Tessinois rejettent l'Italie. Les trois langues officielles de la Suisse nous séparent, mais font également que nous sommes «unis» dans l'«infériorité» des grands pays que sont l'Allemagne, l'Italie et la France. Unis dans la minorité complexée... Et puis finalement, n'est pas le Parti Fédéraliste de la Franche-Comté qui lui lorgne du côté romand jusqu'à vouloir rattacher la Franche-Comté à la Suisse?
Cependant, nous avons des spécificités que les «Autres» n'ont pas: une démocratie directe, des spécificités linguistiques étonnantes et logiques, un sentiment étrange qui fait que finalement eux c'est eux et nous c'est Nous, une religion qui fait par exemple des Romands les seuls francophones à être majoritairement protestants... Et puis la contribution à la culture française ne s'arrête pas là: Rousseau à sa manière (il était plus Genevois que Suisse), Le Corbusier architecte, Francis Reusser, Alain Tanner, Jean-Luc Godardréalisateur, Jean-François Balmer acteur, Henri Dès chanteur, Henri Dunant fondateur de la Croix Rouge, Roland Jaccard chroniqueur au Monde, André Kudelski décrypteur, Henri Nestlé industriel, Jacques Piccard océanographe, Auguste Piccard physicien, Bertrand Piccard aéronaute, Claude Nicollier spationaute NASA, Charles Ferdinand Ramuz, Denis de Rougement, Blaise Cendrars tous écrivains, De grands noms. Et témoins d'une grande histoire.
Oui alors, la Suisse existe. La Romandie aussi. Elle existe par sa souveraineté existentielle, mais aussi par son revanchisme sur la France. Revanchisme apparu par l'histoire et la déconsidération de son grand voisin qu'elle prend comme modèle mais qu'elle rejette également dans sa soi-disante suprématie. Sa position francophobe de la Coupe du Monde ne sera avouée et portée devant l'«opinion publique» française que pendant un seul petit mois. Un seul mois, où elle pourra dire et se dire: on existe et pour vous le montrer physiquement, on sera premier du groupe. Pari tenu, Paris tenue. L'arrogance est apparemment française, le moyen de s'affirmer, de se montrer et de se prouver que l'on existe à travers une complexité si grande que la France ne comprend pas est suisse. Au chauvinisme français, la Romandie devient donc revanchiste.
Pour retomber dans l'oubli et continuer sa relation passionelle d'amour et de haine à l'encontre de la France, de l'amoureuse bouttoneuse du footballeur populaire du lycée.
Si petite soit-elle, c'est ici et maintenant qu'elle peut montrer qu'elle joue aussi parfois dans

