21.02.2006
Des préjugés français
A LIRE AU TROISIEME DEGRE...
Il paraît qu'on parle avec un accent bizarre, qu'on est lent et qu'en plus on est riche et propres. Il parait que dire nonante pour 90 et septante pour 70 c'est débile, et surtout "illogique" alors que l'Académie Française écrit que ces termes sont "Encore conseillés par les Instructions officielles de 1945 pour faciliter l'apprentissage du calcul, ils restent connus dans l'usage parlé de nombreuses régions de l'Est et du Midi de la France, ainsi qu'en Acadie."
Et puis les préjugés entre les pays de même langue et voisins sont courants. Les Wallons tapent sur les Flamands et les Français, les Français sur les Belges et les Suisses (ils ne connaissent pas la variété linguistique et les différences flagrantes qui font d'un Romand un Suisse francophone mais pas forcément d'un Wallon un Belge francophone ;) ). Les Français estiment que les Suisses sont «froids» dans leur attitude et réservés. C'est surtout une question d'hygiène. On ne sert pas la main d'un Français. On le salue poliment de loin. ;) Les Français sont certains d'avoir la meilleure intégration, ils fêtent joyeusement grâce à des heures de couvre-feu. Les Français sont certains d'avoir le meilleur système de santé, proportionnellement, ils ont plus de morts pendant la canicule qu'ailleurs. «On n'était pas préparé...» qu'ils disaient. C'est logique, il faut toujours être préparés et connaître à l'avance les aléas de la météo. Les Français sont persuadés qu'ils ont la meilleur gatronomie du monde. Proportionnellement, il y a plus d'établissements étoilés et pointés par le Guide Michelin & Gault et consors en Suisse qu'en France. Mais c'est normal, les Français ont inventé les escargots, les boeufs et la patate. Ah Liberté, Egalité, Fraternité. La langue est belle, faut-il encore que le sens suive...
Les Suisses ont d'autres chats à foueter, ils se fouettent entre eux.
Pour preuve, l'Hebdo, newsweek romand, a rapporté un article paru sur largeur.com concernant les préjugés entre les confédérés: en voici quelques uns en vrac. A lire évidemment au 3è degré...
BERNE: ils sont lents, lourds et patauds comme l'Ours bernois. Il n'empêchent que les trois premières médailles suisses aux JO de Turin sont bernoises dans des disciplines qui font rater la marche du podium pour des centièmes de secondes. Lents, les Bernois réponderaient «Si nous sommes lents, c'est pour que les Vaudois puissent nous suivre.» Notons cependant que parmi les médailles olympiques glânées à Turin dans des disciplines où l'on monte sur le poduim pour des centièmes de secondes, ce sont des Bernois qui les ont autour du cou.
FRIBOURG: apparement, on les dit sales et malodorants, attardés, sous-développés, conservateurs et bigots (sic Hebdo). Il paraît que ce n'est plus vrai. Je ne crois que ce que je vois! ;) Ils font des scandales quand l'Université publique et laïque n'est pas bénie (!), on a trouvé un terrain d'entente: on fera de l'oeucuménisme. Ouf on a eu peur...
GENEVE: arrogants, hautains, donneurs de leçons, passent pour coincés et avares. De vrais Français en somme! «Il y avait autrefois un zoo à Genève. On a dû le fermer car les crocodiles déprimaient de ne pas avoir la plus grande gueule.» Oui, de vrais Français... Leur frontière et connaissance de la Suisse s'arrêtent à Versoix, tout ce qui fait le reste de la Romandie est considéré comme «nul.» Dénigrant les pauvres jurassiens, jurassiens-bernois et neuchâtelois, qu'ils considèrent peut intéressants et pompeur de leur fric, ils oublient bien souvent que sans eux, ils n'auraient rien à vendre dans leurs boutiques de montres de luxe. Ils sont aussi convaincus que comme leurs voisins français, ils font tout mieux que les autres. Mais force est de constater que comme leurs voisins français, ils déchantent bien vite.
JURA: Chauffards, rebelles, irresponsables, fêtards, éthyliques, têtus, sournois, superstitieux, séparatistes. Charmant.
NEUCHATEL: Les Neuchâtelois sont d'après les autres Suisses "fourbes, courtois et fins." Petite enclave prussienne, opportunistes à un moment donné de leur histoire en appartenant à la Suiss et à la Prusse, les Neuchâtelois du Bas bourgeois méprisent les Neuchâtelois du Haut prolétaires. Certains que leur français est le plus «raffiné» au sein de la francophonie, avec preuve à l'appuis que les dauphins et autres royaux morveux venaient de Versailles à Neuchâtel afin d'y parfaire l'usage du français, on oublie trop vite ce que sont devenus les royaux de France.
VAUD: Bons vivants, buveurs et pas très sérieux, ils passent pour des paysans se prenant pour des bourgeois. Souvent ai-je entendu que «Lausanne est un petit bourg de paysans se prenant pour une capitale.» Ils fêtent Napoléon qui leur a apporté Gloire et Bauté ainsi que chassé les Protestants bernois de leurs vierges terres. Enfin, c'est quand même grâce aux Bernois qu'ils ont connu Réforme et Savoir, ces derniers instaurant une Université en 1537.
VALAIS: «Hautains comme leurs montagnes, restreints comme leurs vallées.» Le Valais est un grand canton peuplé de PDC et de crucifix un peu partout. Très lents à la détente, ils fêtent Sion-Valais 2006 alors que Sion 2002 n'a bénéficié d'aucun acharnement. Colonisateurs de la Télévision Suisse Romande car chez eux il n'y a rien, le Valaisan a tout compris du tourisme: dénigrer le touriste et être malhonnête avec lui alors qu'il lui rapporte un peu d'argent... «Si tu es un homme, catholique, conservateur, PDC, que tu n'aimes personne, que tu profites des autres cantons et de leur fric sans rien leur donner en retour, tu es le bienvenu chez nous! Gays, Protestants, Touristes, Femmes, Etrangers (Vaudois, Bernois ou Anglais, peu importe...) et autres, passez votre chemin.» Il n'y a pas photo: Le Valais c'est beau qu'en carte postale... En bref, le Valais c'est comme la France. C'est grand, mais ça n'a jamais apporté grand chose au monde.
Finalement, les seuls à ne bénéficier d'aucun préjugé sont les jurassiens-bernois. Bernois sur papiers, pour certains Jurassiens de coeur, il ne sont pas englobés dans les buveurs jurassiens et les lents bernois. En fait, ils ne sont tout simplement pas englobés nulle part. A part les 60'000 jurassiens bernois eux-même, personne ne les connaît. Encore moins à la TSR. Sauf quand ils font grève à Reconvillier. Mais là encore, ce sont des politiciens jurassiens qui parlent.
Bref. On voit que finalement on a rien à envier de personne.
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14.02.2006
Les villes suisses à gauche
Petit pays à la démocratie directe et qui connaît bon nombre d'élections à tous les niveaux et ce régulièrement, la Suisse vient de vivre un mini-dimanche d'élections et de votes. Pas moins de 5 élections importantes étaient organisées ce weekend, notamment avec les élections communales dans le Canton de Zurich, canton qui compte la plus grande agglomération de plus d'un million avec le Grand-Zurich et qui a sur son territoire 2 des 10 plus grandes villes suisses avec Winterthour. A Glaris, le Conseil Exécutif était aminci et renouvelé, tout comme à Uri ou des partielles au sein de l'Exécutif étaient aussi organisées. En Thurgovie et à Bâle-Ville, une élection complémentaire également pour le Conseil Exécutif était organisée. Résultat: Glaris qui voyait son Gouvernement passer de 7 à 5 membres a penché plus à droite: deux représentants du Parti Radical Démocratique (Droite Libérale) et du Parti Socialiste (Gauche Sociale-démocrate) qui se représentaient n'ont pas été réélus. Le Gouvernement se compose désormais de 1 PS, 1 Parti Démocrate Chrétien (Centre Droite), 1 Union Démocratique du Centre (Droite Conservatrice et nationaliste) et 2 PRD.
Dans le Canton de Thurgovie, l'UDC a réussi à placer un autre UDC à la succession de son siège laissé vacant.
A Bâle-Ville, le PRD se rétamme et l'unique candidate soutenu par des partis établit et par la Droite n'a pas obtenu la majorité des suffrage, recueuillant 18'568 voix. L'autre candidate, illustre inconnue de la liste contre la Pauvreté et l'Exclusion, a recueuilli 13'387. Un second tour est prévu pour le 19 mars 2006 et les conséquences directes sont cinglantes: la candidate PRD ne se présentera pas et démissione de la Vice-Présidence du PRD bâlois. Aujourd'hui, le Président du PRD bâlois à lui aussi annoncé sa démission.
A Uri, le Président du Conseil Exécutif et le Chef des Finances ont été élus: canton traditionnellement catholique, un membre du PDC a été élu et un autre Indépendant également.
Mais le plus passionant étaient les élections communales dans le Canton de Zurich. La Gauche a ravi la majorité dans les deux villes importantes du canton. A Zurich, qui testait un nouveau système d'élection favorisant les petits partis politiques, le PS a perdu 5 sièges afin de se stabiliser à 44, l'UDC dégringole et passe de 31 à 24 (-7), le PRD de 20 à 19 (-1), les Verts de 10 à 14 (+4), le PDC de 9 à 10. Le Parti Evangélique Populaire - PEV (Centre Droite Protestante) a passé de 2 à 6 sièges, le Parti du Travail (Communiste) de 3 à 5, le Parti des Seniors à perdu son unique siège et les Démocrates Suisses (Extrême Droite) est passé à 3 sièges (+3) alors qu'il les avait tous perdu il y a 4 ans. Y'aurait-il une quelconque influence avec ce qui se passe au Moyen-Orient et dans d'autres pays où l'on brûle des ambassades? De plus au Stadtrat (exécutif) sur neuf membres, 7 sont du PS et des Verts. A Winterthour 3 PS et 1 Vert ont gagné la majorité des 7 sièges de l'exécutif et les trois autres sièges se partagent entre 1 PRD, 1 PDC et 1 PEV.
Aujourd'hui, un politologue de l'Office Fédéral de la Statistique a annoncé que sur les huits plus grandes villes de Suisse, 6 étaient à majorité Rose-Verte. La Gauche est majoritaire à Zurich, Genève, Bâle, Berne, Lausanne et Winthertour. A Lucerne, un Indépendant fait pencher la balance soit à Gauche soit à Droite et Saint-Gall reste la seule ville dominée par la Droite. L'OFS explique cela par l'électorat jeune et bien formé qui vote majoritairement à gauche.
Tous ces scrutins sont des tests pré-électoraux. Ils sont importants puisqu'en octobre 2007, les élections Fédérales auront à nouveau lieu. Aujourd'hui, la Chambre basse du Parlement, le Conseil national est composé de 15 partis politiques. L'UDC et le PS, les deux forces antagonistes, se partagent plus de la moitié des sièges. Avec des alliances contre-nature, ils peuvent s'il le désirent, faire capoter des votes. Ils l'ont fait, pour des raisons totalement opposées, sur le budget de l'armée en 2005. Le "Centre"-Droite ou la Droite-"Centriste", enfin ceux qui ne savent ni où ils sont, ni ce qu'ils font et qui ne se comprennent même pas entre-eux forment la minorité, mais la majorité à la Chambre haute du Parlement, le Conseil des Etats. Ces mêmes partis, le PDC et le PRD sont en crise identitaire. Changeant fréquemment de chef-fe ces dernières années, ils doivent trouver leur voie dans un système politique suisse normalement basé sur le consensus et qui est soumis à une forte bipolarisation. Le PDC continue a se stabiliser dans les sondages et après huit ans d'absence à Zurich, il regagne son siège avec le soutient du PS. L'UDC nationaliste zurichoise a perdu son pari, absente depuis 16 ans de l'exécutif de la Ville de Zurich, son candidat est arrivé bon dixième. Et le PRD continue sa lente chute amorcée depuis 1999 voire avant, en ne réussissant pas à placer la seule candidate soutenue par un parti établit et par l'UDC également à Bâle.
Parti de notaires et d'avocats ainsi que de professions libérales, le PRD confirme son incapacité à se réformer. Alors qu'il hurle sur tous les toits son réformisme de l'Etat fédéral, quand il s'agit de se réformer lui-même il en est incapable. Délaissant ses principes de "Grand Parti" humaniste et social-libéral romand, sa tendance néo-libérale alémanique et majoritaire a laissé tomber tous ses principes en suivants corps et âme l'UDC lors de ses fulgurants succès au niveau national. Ce même parti a voté pour un second siège UDC (ce que je ne conteste pas) mettant en avant la formule arithmétique pour l'élection au Conseil Fédéral, il n'empêche qu'il reste le parti le plus surreprésenté avec 3 membres (2 Conseillers fédéraux et la Chancelière) à l'Exécutif national, mais étant parmi le PS, l'UDC et le PDC, le parti ayant le moins de représentants à l'Assemblée Fédérale. "Surfant" sur le succès de l'UMP et sur le thème de la sécurité, il a repris les mêmes thèses pour sa campagne en 2003 mais s'est rétamé sèchement.
Le PRD historiquement libéral (dans le sens strict du terme) et protestant ainsi que de gauche et le PDC historiquement conservateur et catholique ainsi que de droite sont aujourd'hui deux partis de droite qui ne savent plus où aller. S'unir serait la meilleure des stratégies. Mais leurs intérêts opportunistes et peu clairs ne leur permettent pas de mettre leur fierté de côté et de s'allier afin de mener la Suisse avec parfois le PS, parfois l'UDC vers les voies de la Réforme. A force d'être entre deux chaises et de trop bouger de droite à gauche, les chaises s'écartent. Et l'on peut prévoir ce qui se passera. Soutenu par le PS, le PDC à Zurich a reconquis son siège après 8 ans d'absence.
Aujourd'hui et plus que jamais, les partis politiques doivent tirer des conséquences plus fortes que simplement perdre des élections. Se remettre en cause ne signifie pas uniquement "démissioner" c'est aussi parfois rester en place mais en tendant la main vers d'autres partenaires. A force de tendre la main au mauvais partenaire, le PRD continue sa descente. Le PDC a su faire l'inverse à Zurich. Avec le résultat que l'on connaît aujourd'hui...
Plus d'infos: Partis et Elections en Suisse
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09.02.2006
La Pologne: un relent iranien
Après les caricatures d'un journal danois pour lequel des ambassades danoises et des danois craignent pour leur sécurité, voici la version Catho-Réac polonaise! Swisspolitics.org raporte aujourd'hui qu'un journal, le mensuel pop-culture «Machina» a publié après trois ans d'absence sur le marché, Madonna dans la même posture que la Vierge noire de Czestochowa avec son propre enfant. Le journal arguant que souvent des stars de la chanson pouvaient être considérées comme des «icônes», il n'était en rien fait allusion aux événements survenus après la rediffusion des caricatures.
Evidemment, les catholiques qui conservent l'icône de la Vierge ont crié au scandal. Swisspolitics.org rapporte que les père pauliniens du monastère où se trouve l'icône avaient déclaré «Nous sommes choqués de voir une nouvelle fois le Tableau Miraculeux de la Mère de Dieu utilisé de façon profanatrice à des fins de publicité et de commerce.»
Dans un pays ou plus de nonante (90 pour les incultes ;P ) pour-cent de la population est catholique, c'est évidemment du blasphème et tout le reste pour une grande majorité. Cependant, les déclarations de ces pères pauliniens ne sont pas si éloignée des déclarations des islamistes en tout genre: «Pour chaque chrétien l'icône fait partie, avec la croix et la Bible, des principaux symboles de la foi.»
Protestant, et donc fondamentalement chrétien à ma manière, l'icône ne fait pas partie de mes symboles de foi, au contraire! Comme les islamistes intégristes qui s'approprient la parole du Coran, ces catholiques intégristes s'approprient également ce qui définirait le champ du christiannisme oubliant les centaines de millions de Protestants et Orthodoxes voire Catholiques-Chrétiens! Comme souvent le fait le Vatican d'ailleurs.
La Pologne a voté lors des législatives européennes à majorité pour des partis fondamentalements anti-européens ou très nationalistes. Pas plus tard que cette semaine, le parti ayant gagné les législatives le 25 septembre 2005, a conclu une coalition avec deux autres partis nationalistes et catholiques-intégristes afin de stabiliser le parlement.
Tout cela nous amène à une conclusion: si l'UE se veut démocratique et tolérante, elle ne devrait pas se permettre d'avoir des membres autant réactionnaires. On l'entend régulièrement dans les débats télévisés sur France2, France5 voire à la Télévision Suisse Romande, le blasphème fait partie de la culture en Europe d'une certaine façon. Représenter une icône de la pop sous les traits d'une autre icône n'est pas forcément blasphématoire. Et s'approprier la «sainte parole» au nom des autres n'est pas non plus lié à la "liberté". Fondamentalistes religieux, quels qu'ils soient, devraient comprendre que la société évolue et que seule une religion pouvant s'adapter au monde environnant permet l'acceptation et la tolérance. Les déclarations des intégristes catholiques polonais sont tout simplement à ranger dans la même petite boîte que celles des intégristes islamistes. Sur laquelle on écrira: bon à jeter.
21:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La Suisse finance l'UE
En 2003, avant de conclure des Accords Bilatéraux II entre la Suisse et l'Union Européenne, cette dernière, estimant que l'élargissement à l'est (UE25) profiterait à l'économie (on y revient!) helvétique, demanda à la Suisse de participer financièrement afin de réaliser cet élargissement. En 2004, les Accords étant conclus, la Suisse promit un apport financier de l'ordre d'un millard de francs suisses (environ 645 mio d'euros). L'argent ainsi versé ne devait profiter qu'aux dix nouveaux pays membres et non être investi dans le Fonds de cohésion de l'UE (argent réinvestit dans les pays les plus pauvres.) L'Espagne, la Grèce et le Portugal crièrent à la discrimination.
En 2005, la Suisse a ratifié, suite au Référendum facultatif lancé par la droite populiste et nationale, l'élargissement des Accords Bilatéraux I (réciprocité dans la préférence nationale dans l'embauche, libre circulation des personnes notamment...) aux dix nouveaux pays membres de l'UE. En fait, sans être membre à part entière, le peuple suisse fut le seul et unique peuple à s'exprimer sur l'adhésion des dix nouveaux pays de l'Union Européenne, alors qu'aucun des «15» n'a pu le faire. L'Europe se veut démocratique et elle l'est à sa façon. Il n'en reste pas moins que la démocratie helvétique est une valeur «sûre», valeur notamment brandie par la droite populiste et nationale afin de rejeter tout intégration helvétique au sein de l'UE...
Aujourd'hui, ce 9 février 2006, après des mois de tractations et d'efforts des deux côtés, la Suisse et l'UE sont tombés d'accords. La première refusait de financer des autres pays européens que les dix nouveaux membres, l'UE des «15» estimait que les pays les plus défavorisés devaient en profiter.
La grande gagnante: la Pologne qui se verra gratifiée d'un superbe 490.- mio CHF (env. 315,5 mio €), la Hongrie recevra 130.- mio CHF (env. 84 mio €) et la République Tchèque 110.- mio CHF (env. 71 mio €), le reste étant réservé à des projets ultérieurs.
Si accords approuvés par les Suissesses et les Suisses sont votés, les membres de l'UE doivent encore ratifier quelques accords dans leurs parlements nationaux: ce fond devrait accélérer les choses, et la Suisse pourrait dès lors rejoindre en pratique (elle l'est déjà en théorie) la libre circulation des personnes pour les dix nouveaux pays dès le 1er avril 2006 et intégrer le programme européen d'aide au cinéma MEDIA dès le 1er mai de cette année.
Que puis-je tirer de toutes ces informations en vrac? Il est vrai que la Suisse rechigne à rejoindre l'UE, et finalement je la comprends. Après avoir fait longtemps partie du plus puissant lobby politique pro-européen créé le 7 décembre 1992 après le refus in extremis de la Suisse d'intégrer l'Espace Economique Européen, le Nouveau Mouvement Européen Suisse (NOMES), aujourd'hui, il me semble difficile d'intégrer l'UE alors que la Suisse possède finalement tous les avantages sans aucuns inconvénient: elle a conclu une série d'accords sur divers sujets et a ratifié en votation populaire en Juin 2005 son adhésion à Schengen et Dublin. Plus besoin de faire la queue dans la colonne "hors-UE" dans les aéroports et les demandes d'asile devraient légèrement chuter puisque la Suisse n'est pas un pays "bordure" de pays d'immigrants. Son rôle à jouer au sein de l'UE est cependant important. Légiférant constamment en rendant ses lois «eurocompatibles», elle est quasiment un membre de l'UE sans pouvoir décisionnel. Elle s'est octroyée un statut bancaire plus sexy que le Luxembourg qui l'a d'ailleurs appuyée lors de ses démarches. La Suisse n'aurait aucune peine à intégrer l'UE, mais je pense qu'elle s'y refuse pour deux raisons. La première est qu'elle veut garder jalousement (et on la comprend!) son autonomie politique et sa démocratie directe. Les débats sur la Constitution Européenne ont été largement suivis par les intéressés helvétiques et la singulière façon de l'UE de dire aux Irlandais après leur NON au traité de Nice «On va vous faire revoter, vous n'aviez pas compris!» a été perçu comme un baffouage de la démocratie populaire. La seconde raison est peut-être moins brillante: cette petite Suisse riche n'a pas envie de côtoyer des pays de l'ex-URSS, que c'est peu «sexy!»...
Arrogante? Sûrement un petit peu. Pragmatique? Très certainement. Opportuniste? A prime abord oui, mais si l'on gratte le vernis, on se rend bien compte que son statu idéal au sein de l'UE intéresse également cette dernière. L'UE pourrait sans façon ni ménagement forcer la Suisse à adhérer en faisant pression sur l'économie notamment. Partenaire privilégiée de l'Europe, n'oublions pas que la Suisse est pays en voie d'adhésion depuis 1992, mais qu'elle a gelée sa demande! Elle ne l'a pas retirée.
Délaissée par la Finlande, la Suède et l'Autriche quand ces pays ont quittés l'Association Européenne de Libre Echange, encore plus esseulée quand son petit cousin le Liechtenstein avec la Norvège et l'Islande ont rejoint l'EEE, elle doit pouvoir subsister seule. Pour l'instant elle y arrive relativement bien avec ces 3,5% de chômage. Mais pour combien de temps encore. Tout est question principalement d'argent. Comme toujours. Comme souvent...
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06.02.2006
Une histoire de drapeaux
Alors que la Suisse est pour l'instant épargnée par les menaces des islamistes, quelques énergumènes à Beyrouth (Liban) ont décidé de brûler un drapeau...suisse. 2 erreurs: confondant certainement le drapeau helvétique avec le drapeau danois, ils ont fait une bourde supplémentaire: ils ont brûlé notre drapeau de la... marine helvétique (drapeau rectangulaire, utilisable uniquement sur les eaux internationales), marine positionnée en flotte à Marseille et Roterdam. Si si! La Suisse possède une marine! Je les excuse un peu, la connaissance vexillologique n'est pas donnée à tout le monde. Comment peut-on confondre la liberté de presse et un gouvernement? Et puis comment peut-on confondre un gouvernement avec un autre gouvernement?
Le télétexte suisse rapportait aujourd'hui qu'à la vue de cette image, la Cheffe du Département des Affaires Etrangères
Micheline Calmy-Rey a contacté le Premier Ministre libanais ainsi que le Ministre des Affaires Etrangères afin d'obtenir des renseignements supplémentaires. Le drapeau brandit puis brûlé sur l'image diffusée par la Télévision Suisse Romande montre bien l'action. A tout ceci je me pose la question suivante: devrions-nous réagir de la sorte en agissant de même devant l'ambassade du Liban? Certainement pas! Il faut être plus intelligent que certains incultes vexillologues et ignorer l'histoire. Si la relation que les Suisses entretiennent avec leurs drapeaux est à l'opposée de la relation des Etats-Uniens avec le leur, il n'en reste pas moins que cet acte est profondément débile. En effet, les Suisses sont friands de drapeaux: familial, communal, du district, cantonal et national, il suffit de longer les lacs, les plaines et les montagnes jurassiennes ainsi que les Alpes pour s'apercevoir qu'il y a plus de drapeaux que d'argent dans les banques helvétiques!! ;P Erigés sur des bâtiments officiels (cependant assez rarement), mais très souvent dans les jardins des particuliers, le drapeau suisse n'est pas uniquement l'apanage des nationalistes, mais simplement de tout le monde. Celui qui brandit un drapeau helvétique ne vote pas forcément extrême droite. Alors finalement, brûler un drapeau suisse de la marine ne me fait ni chaud ni froid même si je pense que c'est stupide et que certains sont probablement froissés par cette action. Rappelons-nous que l'eau gagne sur le feu ;) L'information concernant le «Feu de joie national du Premier Août»n'a pas été plus loin dans les médias aujourd'hui, à part dans le journal populaire «Le Matin».
L'histoire du drapeau suisse a certes une origine chrétienne, il n'en reste pas moins qu'il est également à l'origine du drapeau de la Croix-Rouge. Les intolérants ont demandé un autre drapeau pour les pays islamiques, le Croissant-Rouge était né. Maintenant, il y a le Diamand-Rouge. Que les intolérants du Diamand-Rouge se lèvent, nous créerons le «Point-Rouge» voire «L'Octogone-Rouge»...
Le point à soulever est que la Croix-Rouge est l'inverse du drapeau suisse car son fondateur était citoyen helvétique. Point barre. Bientôt, le drapeau de l'ONU devra être violet et rose, car tel ou un tel n'aime pas le bleu et .... Ras le bol de l'intégrisme en tout genre! Les avions de la SwissAir n'attérissaient pas en Arabie Saoudite car l'insigne (la croix) était un signe religieux. SwissAir volait avec un signe chinois dans ce pays. C'est ridicule.
Tant que les humains ne pourront pas être libres de pratiquer leur religion dans le respect et l'intimité dans des pays intolérants, il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds. J'estime que la tolérance doit être intégrale et réciproque. Tant que la tolérance mutuelle n'existe pas, il faudra alors commencer à ne faire plus aucune concession. Il en va de ma liberté de penser et de vivre. Et tant que ma liberté s'arrête où celle des autres commence et que je ne fais de mal physiquement à personne, je ne veut cesser de me battre avec des moyens pacifistes contre tout intégrisme, qu'il soit nationaliste, ethnique, religieux ou politique.
Et je brandirai alors le drapeau suisse qui représente finalement 4 langues nationales, 3 religions d'Etats, 26 Etats Souverains. L'Europe à le bleu et l'étoile, la Suisse à le rouge et la croix. Dans les deux cas, le but de paix, prospérité et intégrité, tolérance et liberté d'opinion est garanti. Ouf, un petit bout d'étoffe me donne réconfort. Pour combien de temps encore?
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05.02.2006
La colonisation française
La France se (re)découvre soudainement un passé colonial. Etait-il temps? Sûrement. La Suisse s'est (re)découverte elle aussi un passé pendant les années 39-45 peu glorieux et s'est vite et rapidement adaptée à la situation, reconnaissant ses fautes et déléguant sa première femme présidente et juive, devant le Conseil Juif Mondial, afin de présenter les excuses officielles d'un Gouvernement élu plus de 40 ans après pour certains de ses membres sur des actes, dont personne du Gouvernement, pendant les années nonante, n'était plus responsable.
Les Gouvernements sachant reconnaître des erreurs commises peu de temps après sont de bons gouvernements. Les Gouvernements sachant faire de même beaucoup d'années plus tard également. On y est. Point barre. On ne changera rien de plus.
L'histoire nous demande chaque jour un rappel de mémoire et un retour aux "sources". Le débat concernant le rôle joué par le colonialisme français est intéressant. Vu d'ici, c'est surprenant également. Alors que la France a eu un passé colonialiste et que la Suisse n'en a pas eu, cette dernière compte parmi les deux pays d'Europe qui ont le plus grand taux d'étrangers vivant sur son sol. Pays sans terre de "métropole", mais avec un terre "d'asile" qui, bien évidemment est toujours liés d'une certaine façon en Suisse à l'économie...
Comment vouloir prétendre à quelconque réparation si tardivement? Telle est la question que je me pose. L'Histoire a des côtés bien peu reluquants parfois, il n'en reste pas moins que c'est l'Histoire. On ne peut plus la changer ni la modifier, par contre, on peut agir afin de ne plus reproduire les mêmes erreurs. Reconnaître un autre rôle joué par son pays dans le passé est une chose importante. On en reste là. Vouloir revenir sur le passé ne sert à rien. Dans ce cas, on peut justifier tout et n'importe quoi: les Suisses devraient porter plainte contre l'Autriche sous laquelle elle était dominée jusqu'en 1291, l'Inde pourrait faire de même envers le Royaume-Uni, et j'en passe. Non, tout cela ne sert à rien. Pour avancer, il faut regarder vers l'avenir, le future.
Les images et les actions décrites dans la presse française (et romande) me font penser à la chose suivante: soudainement, certaines personnes se sont rendues compte que leurs multiples-arrières grands-parents ont peut-être souffert de la colonisation. Que faire pour changer ce sentiment à part modifier des définitions dans les livres d'histoire voire de la Constitution? Rien ne vaut vraiment la peine. Ce qui est fait, est fait. L'impression que je reçois est que des personnes se rendent compte soudainement qu'elles sont "noires" ou n'importe quoi d'autre, et cela m'interpelle. Mes valeurs, mes racines, mon identité et mon histoire ne changent pas avec la reconnaissance d'un acte historique par un Etat. Se découvrir soudainement noir, blanc, ou n'importe quoi d'autre est un travail à faire sur soi, uniquement. L'Etat et l'Histoire n'ont rien à voir avec notre propre perception de nous-même.
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04.02.2006
Nouveau départ
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