07.11.2008
Obama, le Messie du changement
Il aura fallu du temps pour que je me remette à la tâche. UDC auto-expulsée du Conseil Fédéral, j’avais fait Madame Bonaventure en pariant sur un mariage entre Libéraux et Radicaux environ un an avant les faits, et maintenant l’Obamania déferlante et exécrable d’œillères européennes totalement omnubilées par le Messie retrouvé outre-Atlantique.
Obama fera donc date dans l’histoire américaine mais dans l’histoire en général pour avoir été élu 44è président des USA. Déjà les discussions s’engagent sur son élection : plus de 605 millions de dollars américains récoltés d’après Le Point. Un record. Il a arpenté les USA, trouvé de l’argent partout ou il allait, bref, c’est non seulement la victoire des Démocrates mais de l’Argent qui doit être pris en compte dans cette élection. N’importe quel autre parti politique ayant ramené autant d’argent aurait été taxé de gagnant grâce à l’argent : peu se risquent ici d’en parler.
Obama est le signe d’un renouveau. Jeune et dynamique, il a su apporter une envie nouvelle de faire de la politique, de participer aux élections (plus de 64% de participation, un record).
Une analyste sur CNN disait en ces termes plus ou moins bien traduits directement : « par cette élection, les USA ont montré au Monde qu’ils avaient une conscience politique. Ayant voté Bush en 2004, ils démontrent qu’ils peuvent réfléchir, s’adapter et changer d’avis ». Un peu tard non ? Deux guerres et des milliers de morts, voilà ce l’électorat a créé en revotant Bush en 2004. Mieux vaut quelques miliers de morts que jamais. Non pardon, on dit «mieux vaut tard que jamais». Il leur a fallu des morts pour comprendre leur erreur ? Pour une envie de "change"?! Pauvres Etats-Uniens.
Et puis Obama est le Messie annoncé, il a ouvert les eaux du Lac Michigan et est arrivé par la grâce divine électorale aux USA. « May God Bless America » a-t-il dit. Obama est là pour le « Change ». Pour le « Hope ». A quand une reconnaissance officielle de la Cour Pénale Internationale? A quand l’abolition fédérale de la Peine de Mort ? A quand le droit des Femmes à disposer de leurs corps dans les questions de l’avortement ? Ce sont les vraies questions, les questions actuelles. La forme est une chose. Le fonds en est une autre.
Ironiquement, d’après les statistiques de CNN à la sortie des urnes, les mêmes minorités Latino et Afro-Américaines qui revendiquaient une élection pour Obama afin d’obtenir des « Change » et des « Hope », une égalité des droits à accéder à de hautes fonctions, à finalement être considérés comme des WASP, ironiquement, ces mêmes minorités ont voté en large majorité pour des amendements constitutionnels interdisant formellement les mariages homosexuels et même les gardes d’enfants par des couples hétéros non-mariés dans quatre Etats : en Californie, en Arkansas, en Arizona et en Floride, avec des taux notamment pour la dernière avoisinant les 62% de vote en faveur d’une suppression de ces droits. Ceux qui ont voté pour le « Yes We Can ! » ont clairement dit aux homos « No You Can’t ! »
Oui c’est totalement ironique. Argumentant sur le droit de libertés, ces mêmes victimes de racisme ont voté pour des amendements racistes, puisque l’homophobie peut être considérée comme du racisme.
Personne ne s’en étonne. Personne ne dit rien. Obama est élu et c’est tout ce qui compte.
Le monde a oublié que Obama ne sera président que des USA, élu par les USA, élu pour les USA.
Aucun sens critique. Aucun questionnement quand à la suite des événements. Le nationalisme et le patriotisme américain ne va pas s’estomper. Pire, il risque d’être exacerbé : ayant pas mal d’amis Etats-uniens sur Facebook, il suffit de lire leur status : « YES WE DID IT!! Thank you America!! », « is deeply inspired by Barack - thank the powers that be! » ou encore « "AMERICA! FUCK YEAH!" » ou encore « Now with 100% more freedom ». Du grand n’importe quoi…
L’euphorie est contagieuse, même en Europe. L’unique chose que la majorité des Européens n’a pas compris c’est qu’Obama n’est -pas- un Européen. Il n’a aucune vision identique du Monde que sur le Vieux-Continent. Il voulait du « Change » et prend un vieux routier, Biden, pour la Vice-Présidence. N’a-t-il pas dit en Juin dernier que Jérusalem devait être la capitale non-divisée d’Israël ? Certes il s’est prononcé contre la guerre en Iraq. Mais à cette époque là, Obama n’était pas Sénateur. Même Joe Biden avait voté pour. Aurait-il fait le même choix s’il avait du prendre la responsabilité pour son pays à l’époque de voter non ? C est toujours plus simple à dire quand on n a pas la décision à prendre.
La victoire d’Obama est importante. Sans aucun doute. Elle est bonne pour les USA également. Il n’en reste pas moins que Obama ne « CHANGE »-ra pas de ce qu’il est fondamentalement : un Etats-unien qui ne se battra que pour les meilleurs et uniques intérêts de son propre pays. « He’s a great Patriot » a dit McCain dans son discours de défaite. Un great Patriot. Le Monde musulman doit-il craindre une perte d’impartialité avec la nomination de Rahm Emmanuel en tant que son bras droit et secrétaire général de la Maison Blanche ?
Quid de la Syrie ? Retour en masse en Afghanistan ? Un retrait de l’Irak fera forcément passer le patriotisme états-unien comme étant sali. Laissons le faire ses preuves.
Mais par pitié, ouvrons les yeux ! Et soyons un peu plus critique et moins complaisant avec cet homme qui n’a, pour ainsi dire, qu’un seul mérite, d’être de couleur de peau. Ah non ? Le côté racial n’a pas été pris en compte ? Bon toutes mes excuses. Alors quel est son mérite. De faire mieux que Bush ? Pas trop difficile. Alors quel mérite bon sang ? Quel est son mérite, si l’on fait abstraction de sa couleur de peau. Là est une vraie question que l’on devrait tous se poser. Cherchez bien. Pour vous, quel mérite a Obama ? Qu’est-ce qui le différencie fondamentalement d’un autre président américain, patriote, nationaliste, populiste, de centre-droit ? Il a clairement dit qu’il ne serait pas le candidat des gens de couleurs.
Bref, avec un pro-israélien avéré tel que Rahm et des « God Bless America », le « Change », à moi, il me fait froid dans le dos… Et le pire, c’est que personne, ou presque, ne s’en étonne, omnubilés par cinq mots « Yes. We. Can », « Hope » et « Change » qui sur le fond ne veulent absolument et strictement rien dire…
Qu’on me comprenne clairement : entre McCain et Obama mon choix était clairement fait pour le second. Entre le pire et le moins pire, c’était peu difficile de faire son choix.
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